La correspondance des Poilus 14-18

La correspondance des Poilus 14-18

Jamais les Français ne se sont autant écrit que pendant le Première Guerre Mondiale. Forts d’avoir appris à écrire grâce à l’école obligatoire de Jules Ferry, la plupart des soldats écrivaient au moins une lettre par jour, voir plus et en recevaient autant. Ils avaient quitté leurs maisons, leurs terres, leurs épouses, leurs enfants, leur vie d’avant et les déplacements étant presque impossibles, et les permissions rares, la correspondance était la seule fenêtre ouverte sur leur vie de soldats.

L’envoi était gratuit grâce à la franchise militaire valable tant pour les soldats que pour les familles qui envoyaient les courriers. Les échanges se faisaient sous forme de lettres, de cartes postales, de colis tant attendus par les soldats. Cette correspondance était aussi vitale au soldat que sa boule de pain, son quart de jus : son vin…Les colis contenaient de la nourriture, de l’argent, des vêtements, du linge propre, du tabac…

Soldats et civils étaient accrochés à l’attente des nouvelles, preuve aussi pour les soldats qu’ils n’avaient pas été oubliés des leurs. Au début du conflit, les soldats minimisaient leurs souffrances, ils en parlaient peu et ils exagéraient même sur leur santé et leur moral pour ne pas inquiéter leurs familles.

C’est entre 2 et 4 milliards de missives qui ont été transportées de 1914 à 1918 vers l’arrière et autant sinon plus vers l’avant. 200.000 colis quotidiens étaient expédiés vers le front. 70.000 journaux et 11.000 mandats par jours. Mais au départ, cela fut une vraie pagaille. La Poste n’était pas organisée pour tant d’envois et d’expéditions. Un bureau centrale de la Poste fut installé à Paris qui triait, classait tant bien que mal tous ces envois en s’efforçant de suivre les déplacements des régiments. Une fois dans le bon sac, la lettre était acheminée à travers toute une chaîne de bureaux. A chaque étape de leur allée et venue, les courriers pouvaient être lues par un officier d’état-major qui procédait à des coups de sondes en applications des règles en vigueur pour savoir ce qu’il y avait dans les courriers.

La censure fut instaurée dès la mobilisation et elle fut renforcée en juillet 1915. Cela bloquait le courrier entre 3 et 8 jours minimum et retardait considérablement l’acheminement. La réglementation imposait que les lettres ne soient pas cachetées pour une meilleure surveillance. Le soldats avaient interdiction de donner leur position.

Voici une petite vidéo sur le sujet :

Certains écrits sont bouleversants

Merci de votre écoute et lecture. La prochaine chronique aura pour thème la Médecine en 14-18 et les Blessures et la Mort.

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