Une enluminure de Kaspar Härtli pour Pâques – 1562

Une enluminure de Kaspar Härtli pour Pâques – 1562

Enluminure pour la fête de Pâques dans un recueil de chants à 4 voix datant de 1562. L’oeuvre se trouve dans la Bibliothèque de Saint-Gall en Suisse, protégée par l’Unesco. C’est le Codex 542,F°3

Bibliothèque de Saint-Gall

On connait peu de choses sur l’artiste si ce n’est qu’il fut actif à Lindau au milieu du XVIe siècle.

En haut, nous voyons une représentation de la Résurrection et les Trois Marie. Au milieu, les incipits d’une antienne alléluiatique et du psaume 116 en notation neumatique dite « à clous » et à leur droite, Jonas rejeté sur la terre par le grand poisson. En bas, les disciples d’Emmaüs sont représentés avec, à l’arrière-plan, la scène du Noli me tangere.

Page recueil de chants à 4 voix - 1562 - Härtli
Page recueil de chants à 4 voix – 1562 – Härtli

« La coutume d’une fête célébrant le printemps, le renouveau, la résurrection de la nature remonte à l’antiquité, puis aux Celtes et aux Germains. La fête religieuse de Pâques, issue du Judaïsme, est sans doute la plus importante de la Chrétienté.
C’est le Concile de Nicée au IVe siècle qui fixa pour toute la Chrétienté la date de Pâques au premier dimanche, jour de la résurrection du Christ, suivant la pleine lune du printemps.

TRADITIONS DE PÂQUES

De nos jours, les Catholiques et les Protestants suivent encore cette tradition. Le carême, période de pénitence de 40 jours précède cette fête. La consommation de la viande, des graisses et des œufs est interdite. Cette règle apparaît au IIIe siècle, toutefois les conditions de jeûne et de restriction s’adoucirent au fil des siècles.

Au XIIIe siècle, un seul repas composé de poisson, pain, œufs, légumes, laitages est autorisé vers 15 heures. Les malades, les jeunes enfants et par la suite les pauvres et les ouvriers exerçant un travail pénible en sont exemptés.
Au Moyen Age, l’œuf est une importante source de protéine pour les habitants des villes et les paysans qui n’avaient pas les moyens d’acheter de la viande, ni même le droit de chasser.

Au début du Moyen Âge la consommation d’œufs était cependant interdite, comme la viande, de 100 à 200 jours par an (suivant les régions) pendant les périodes fixées par le Clergé.

C’est Charlemagne qui imposa dans un Capitulaire que les fermes impériales aient au moins cent poules, mais attention, sous le règne de l’Empereur, un baptisé surpris à consommer des œufs pendant le carême avait la tête coupée ! Il est amusant de constater que les Romains pendant les fêtes consacrées à Cérès, faisaient des gigantesques omelettes de… cent œufs !

C’est aussi au IVe siècle que l’église, pour fêter la résurrection du Christ, encourage le peuple et la noblesse à s’offrir des œufs (Notons cependant que cette tradition ou coutume d’offrir des œufs remonte bien avant l’ère Chrétienne, l’œuf est dans la poule et la poule est dans l’œuf… mystère de la création…).

Oeufs que l’on conservait pendant les 40 jours du carême qui précède Pâques (et cela en fait beaucoup !) On prit alors l’habitude de les teindre (traditionnellement en rouge) puis de les décorer de différents motifs (soleil pour avoir le beau temps, épis pour de bonnes récoltes…) pour les offrir à sa belle, aux enfants ou à son seigneur.

La noblesse du Moyen-Âge s’empara vite de cette coutume, un roi anglais du XIIIe siècle offrit même à chacun des membres de sa famille 450 œufs décorés à la feuille d’or ! On pratique encore cette tradition d’offrir des œufs teints dans nos campagnes, mais de nos jours les enfants préfèrent cependant trouver dans le jardin des œufs en chocolat…
L’époque du Moyen Âge était pleine de superstitions en voici quelques-unes unes sur l’œuf :

« Un œuf de Pâques avec deux jaunes est signe de chance ou de fortune » « Un œuf bénit et offert à Pâques éloigne la maladie » « Un œuf de Pâques planté dans une vigne le protège de la grêle » « Mangé le jour de Pâques, un œuf protège de la fièvre »…

Au Moyen-Âge, il était donc interdit de manger des œufs durant le Carême, ils étaient donc conservés pour ensuite être décorés et offerts pour marquer la fin du jeûne. C’est à partir du XIIème siècle que la tradition d’offrir des œufs, souvent peints en rouge pour représenter le sang du Christ, se développa en Occident.

A la Renaissance, les œufs en or prirent la place des œufs de poule chez les nobles. Ils étaient richement décorés, à l’image des œufs de Fabergé, qui connurent un vif succès à la fin du XIXèmesiècle. Les œufs en chocolat furent introduits pour la première fois à la cour de Louis XIV au XVIIème siècle. Puis dès 1830, les œufs en chocolat, sous formes diverses et variées, remplacèrent intégralement les œufs de poule décorés, ce qui permit une production de masse.

Sources :

  • Scola Metensis
  • Guide des traditions et coutumes catholiques, Greg Dues, Bayard, 2004.

Merci de votre lecture.

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