La Magie de l’abbaye de Saint Martin du Canigou – Pyrénées Orientales

La Magie de l’abbaye de Saint Martin du Canigou – Pyrénées Orientales

Longue et difficile est l’ascension du Mont Canigou, un peu à l’image de notre chemin de vie. Mais après l’effort, le réconfort : le bonheur d’être au sommet du monde. Il ne faut pas ménager sa peine pour accéder à cette superbe abbaye romane, déposée là, comme un joyau au sommet d’un pic dominant montagnes et vallées. L’abbaye est fondée en 1005 par le Comte Guifred Cabreta, Comte de Conflent et de Cerdagne avec son jeune frère Oliba, abbé de l’abbaye bénédictine de Saint Michel de Cuxa.

Un superbe clocher massif du premier art roman méridonal est une tour-porche qui donne directement accès à l’abbaye bénédictine. A l’origine, le clocher comportait une quatrième étage qui s’est malheureusement effondré en 1428 à la suite d’un tremblement de terre qui a endommagé la plupart des bâtiments. Cette tour contient une chapelle dédiée à l’archange Saint-Michel. Saint-Michel qui nous invite à gravir quelques marches supplémentaires et nous voilà dans l’antre de ce lieu magique.

L’arrivée nous transpose dans notre petitesse humaine face à la grandeur de cet univers historique et architectural. Imaginez la foi des bâtisseurs, celle des moines et tous ces hommes qui ont oeuvré à la construction. Imaginez la passion, la force et le courage dont ils ont fait preuve.

C’est le souffle coupé et le coeur battant que l’on s’avance dans ce cloître de quatre galeries couvertes entourant une magnifique cour intérieure fleurie. Notre regard de porte sur la grande étendue de la verte montagne sauvage. Ces galeries étaient des lieux de passage pour les moines afin d’accéder à différentes parties de l’abbaye, comme l’église, la salle capitulaire, la bibliothèque, le réfectoire, l’infirmerie, le dortoir. Mais c’est aussi un lieu de prière. Les moines y pratiquent la « lectio divina« , lecture méditée de la Bible ou de la vie des Saints. Le cloître est symboliquement le lieu de l’abbaye qui exprime la consécration totale du moine à Dieu et à une vie de prière. Du cloître, seul le ciel et les montagnes sont visibles. Rien d’autre. Le monde extérieur reste inaccessible au regard.

Comme dans beaucoup d’églises et de cathédrale, le cloître de l’abbaye est doté d’un bestiaire fantastique. Ces chapiteaux romans de marbre blancs sont extraordinaires. Des lions côtoient des animaux et des monstres fantastiques, et grands végétaux.

L’abbatiale, construite dans les premières années du XIe siècle est un trésor de l’art roman primitif du Moyen Age. Elle est de faible hauteur, les murs sont épais, les ouvertures réduites et la voûte est en plein cintre. Elle se présente comme une basilique composée d’une nef centrale encadrée de deux neufs latérales plus basses et plus étroites. L’abbatiale est composée d’un chœur puis de trois absides en cul de four abritant chacune un autel. C’est dans le chœur que les moines se rassemblaient plusieurs fois par jour pour les temps de prière. La partie arrière était destinée aux pèlerins, aux visiteurs et aux hôtes.

La crypte occupe en sous-sol la même superficie que l’église abbatiale, elle aussi composée de trois travées. Le plafond est voûté d’arrêtes. Des colonnes de granit ont consolidé la construction de l’église supérieure. Cette crypte fut consacrée à la Vierge Marie en l’an de grâce 1009.

Les Tombes : au pied du clocher, se trouvent deux tombes creusées dans le rocher. Il s’agit des tombes de Guifred et de sa seconde épouse Elisabeth. Ils sont les fondateurs et s’étaient tous deux retirés dans cette abbaye en 1035. Le comte Guifred avait environ 80 ans lorsqu’il décède en 1049. La Légende raconte qu’il aurait creusé de ses mains sa propre tombe et celle d’Elisabeth, dans le granit pour y reposer éternellement. Son épitaphe a été gravée au XIIe et placée sur sa tombe. Voici ce qu’elle mentionne : « Les cendres de Guifred, comte et moine bienheureux, auteur de ce lieu, sont contenues sous cette pierre, Juillet, sur sa fin, lui apporta la fin en l’an mil deux fois quatre fois cinq plus neuf« , c’est à dire en 1049. En 1332, l’abbé de Saint Martin, Dom Bérenger de Colomer décide de transférer les reliques dans l’église abbatiale. Mais vers 1782, peu de temps avant l’abandon de l’abbaye, le corps de Guifred fut à nouveau déplacé à l’église de Casteil. Pendant la première terreur de 1793-1794, l’église de Casteil fut saccagée, le tombeau profané et les ossements dispersés.

Depuis 1988, une communauté des Béatitude fait vivre le lieu. Elle perpétue la tradition de prière et accueille pèlerins et visiteurs.

Ainsi se clôture cette belle page d’histoire où l’on peut dire que :

Ici, Rien et Tout à la fois,

Ici le Silence et la Plénitude du monde,

Ici le doux Chant du Vent,

Ici la brise délicate qui souffle sur notre visage,

Ici le Réconfort et le Ressourcement,

Ici, la Joie et la Paix.

Si vous ne connaissez pas (encore) Saint Martin du Canigou, je vous invite à programmer cette découverte dans votre Carnet de Vie.

Belle découverte.

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