Chateau de Hautefort – Suivez la guide

Chateau de Hautefort – Suivez la guide

Lorsqu’on a suivi doucement la grande allée pour accéder au portail d’entrée du château, aucun doute, nous sommes déjà dans une autre époque.

Du Moyen Âge, il ne reste que peu de vestiges. Les deux tours rondes, la Tour de Bretagne et la Tour de la chapelle. Le visiteur découvre une porte massive, en forme d’arc de triomphe, flanquée de belles colonnes à bossage. 1588 est la date sculptée au dessus du pont levis. Notre œil remarque qu’une surprenante colonne Renaissance est intégrée dans le mur à gauche lorsque l’on est face au pont levis. Son origine n’est pas connue mais elle a été réemployée dans le mur de façade.

Allez, entrons, je suis ravie de vous accueillir dans ce merveilleux château.

Pour accéder à la cour d’honneur, nous posons nos pas sur un sol en pisé. Ce sont des galets de rivière représentant une « force« , ciseau qui servait à tondre les moutons, symbole des armoiries de Hautefort. Le paysage qui s’offre à nous est à couper le souffle. Notre vue s’étend sur plus de 15 kilomètres à la ronde. L’esplanade et le pont empruntés pour y accéder et les grands murs de soutènement des terrasses ont été crées par l’architecte Vincent Leroux en 1757.

Le Souterrain

Aménagé au XVIIe siècle sur l’emplacement d’une partie des souterrains médiévaux, cette galerie donne accès à un puits de 32 mètres de profondeur qui permettait au château de se ravitailler en eau potable. Les portes donnaient accès aux anciennes cuisines et réserves du château. Ce souterrain était un couloir de service qui mesure 50 mètres de long. Pendant la seconde Guerre mondiale, les vitraux de la cathédrale de Strasbourg, Nancy, Mulhouse et Colmar, ainsi que les fonds précieux des bibliothèques de Strasbourg et Colmar, et des nombreux objets d’art ont été mis à l’abri dans les caves du château et restitués après la guerre. Ce souterrain traverse tout le château comme le fait la galerie supérieure et nous amène directement vers la chapelle.

La Chapelle

La chapelle fut construite vers la fin des travaux en 1670. L’autel quant à lui est arrivé au château en 1830. Dans la chasse repose un gisant de cire qui représente Saint-Théophile, à l’intérieur duquel se trouvent ses reliques. La coupole en caissons est un superbe trompe-l’œil. Le sol quant à lui est aménagé en pisé, technique qui vient de la ville de Pise en Italie. C’est un pavage en galets de rivière. Dans le chœur, au sol, sont stylisées les fleurs de lys et les forces qui servaient à tondre les moutons. Dans la courte nef se trouvent deux peintures françaises sur cuir du XVIIe siècle. Elles représentent Saint-Jérôme et Sainte Marie-Madeleine. Au fond, un Christ en bois sculpté du XVIIe siècle est entouré par deux angelots du XVIIIe siècle.

Le Four Banal et le Bûcher

Sous la chapelle se trouvent les anciens fours à pain et le bûcher qui ont fait partie de la campagne de construction de l’architecte Jacques Maigret en 1670. Les salles souterraines du château, de dimensions considérables, ont été aménagées dès les années 1690. A l’époque Classique, il y eu la volonté de niveler l’ensemble du château construit sur l’éperon rocheux pour installer les cuisines, les caves, les celliers et autres espace de stockage. Le four banal est le four du seigneur qui perçoit une taxe, une redevance, lorsque les habitants de son « ban », de son territoire, viennent y faire cuire leur pain. Ce four était situé en accès direct par l’ancienne entrée Est du château et donnait sur le village accroché à flanc de falaise. La porte fut condamnée au XIXe siècle après la démolition de l’esplanade qui descendait vers le village. La salle attenante au four est appelée salle du bûcher car elle servait de réserve de bois, d’où son nom. Au cours de la Révolution, ces grandes pièces servirent de prison où plus de 150 hommes et femmes furent enfermés entre 1793 et 1795.

Salle Damas – Vue sur l’ancien hôpital hospice

Situé en contrebas du château, l’hôpital hospice des pauvres de Hautefort au XVIIe siècle est du même style architectural que le château. Au centre, un pavillon coiffé d’un dôme à lanternon, semblable à ceux du château, correspond dans une des branches de la croix au chœur de la chapelle dédiée à la Sainte Trinité. Elle est aujourd’hui l’église paroissiale de Hautefort. Les autres branches de la croix sont occupées par trois salles, une pour les hommes, une pour les femmes et une pour les enfants, donnant accès au chœur. Jacques-François de Hautefort l’a fondé en 1669 et cet hospice fut terminé en 1740 par son petit-fils. Le plan de l’hôpital hospice de Hautefort rappelle celui de La Salpêtrière à Paris. C’est Jacques Maigret, architecte parisien, qui fut chargé du chantier et Jean Lecoeur, maître maçon parisien, après lui. Il est aujourd’hui un musée de la Médecine tout à fait remarquable.

Escalier d’Honneur et Galerie

L’escalier d’honneur fut entièrement restauré après l’incendie de 1968. La pierre d’angle est d’origine, du XVIIe siècle, ainsi que les deux escargots au départ de la balustrade. Les pierres proviennent de la même carrière, toutefois, 300 ans d’intervalle les séparent, ce qui explique la différence de couleurs. Entièrement refaits, les plafonds, les boiseries, les portes et les sculptures de la galerie sont en chêne. La porte à têtes d’anges a pu être refaite grâce à une photo prise avant l’incendie. De chaque côté, des bustes en marbre sculptés qui représentent Sénèque et Marc Aurèle.

LA GRANDE SALLE DES CHEMINÉES

Cette salle immense de 280 mètres de surface était une salle de réception pour les festins et les bals mais également une salle où le seigneur rendait la justice. Les seigneurs de Hautefort étaient dotés du Droit de Haute, Moyenne et Basse Justice sur leurs sujets et selon les textes de l’époque, ils étaient des seigneurs justes. Sur les cheminées, les quatre Vertus Cardinales sont représentées : la Justice (actuellement sans sa balance), la Force avec son gourdin, la Tempérance avec ses deux cruches d’eau et de vin et la Prudence avec le serpent. Ces sculptures sont l’œuvre de François Calderon, un artisan bordelais qui a reproduit à l’identique ces majestueuses cheminées, telles qu’elles étaient avant l’incendie. Il a fallu plus de 5 000 heures de travail pour chacune de ces pièces. Elles mesurent 7,10 m de hauteur, 4,80 m de largeur et 0,80 m de profondeur. Chacune pèse 4 tonnes et a un volume de 8 m cubes de bois de noyer du Périgord qui a séché pendant plus de 10 ans avant d’être utilisé. Les peintures en leur centre, réalisées par Mignard au XVIIe siècle, représentent pour l’une Anne d’Autriche et pour l’autre Louis XIV enfant. Sur le mur Sud, une paire de tapisseries de Bruxelles. La grande table est en piétement XVIIe siècle et le dessus en parquet du XIXe. Les chaises sont en cuir repoussé de Cordoue en Espagne, elle date du XVIIe siècle également.

Vestibules, chambres, Grand Salon, Cabinet de travail

Salle à manger, Chambre d’Honneur, Salle des Tapisseries

La salle à manger présente des peintures sur les murs de peintres non connus. Probablement des artistes locaux. Elles ont été installés dans cette pièce après l’incendie. Auparavant, elles se trouvaient dans la chambre d’honneur. Elles datent du XVIIe siècle. Madame Durosoy prenait ici tous ses repas lorsqu’elle était au château. La chambre d’honneur est charmante avec son beau lit à baldaquin bleu rescapé de l’incendie. La pièce est aujourd’hui une bibliothèque du début du XVIIe siècle. La pièce présente de nombreux objets d’art.

La salle des Tapisseries présente trois tentures Flamandes du XVIe siècle et une tapisserie de Bruxelles du XVIIe siècle. Elles représentent toutes les quatre des scènes bibliques de l’Ancien Testament. Dans la vitrine, des objets d’art, vaisselle en faïence ancienne. Un coffre italien en bois sculpté date du XVIIIe siècle. Il s’agissait d’un coffre de mariage qui contenait le trousseau de la mariée. Il est doré à la feuille d’or. La table massive est une table de cuisine, un billot qui servait à découper le gibier. On distingue bien les coups de hache qu’elle a pu recevoir. Elle est en chêne massif et pèse 500 kg.

Enfin la visite nous conduit dans la Tour de Bretagne, XVe siècle, dernière étape de notre découverte. Elle mesure 26 m de haut.

La première salle au rez-de-chaussé était l’emplacement d’une salle de théâtre vers le milieu du XIXe siècle. Une plaque de Bronze rend hommage à Bertran de Born dont je vous parlerai dans une autre chronique. Un médaillon rappelle aussi qu’Eugène Le Roy, célèbre auteur de Jacquou le Croquant, est né ici, dans cette tour du château de Hautefort où ses parents étaient employés.

Les escaliers de la tour nous mènent vers une salle où se trouve actuellement la boutique du château, puis nous continuons vers le chemin de ronde.

Le Chemin de Ronde

Ici se tenait la garde qui surveillait les environs. Il y a une perspective de vue de 10 à 15 km à la ronde, sans pylône, ni ligne a haute tension. Le site est classé et la campagne environnante époustouflante. Le chemin de ronde est doté de mâchicoulis, de créneaux et de merlons. Le parc forestier fait 30 km avec 7 km de chemins aménagés pour la promenade. Un cèdre du Liban mesure 24 m de haut et il a plus de 250 ans.

La Charpente

Construite au XVIIe siècle par les Compagnons du tour de France, elle est en châtaigner, ce qui explique l’absence d’insectes et de toiles d’araignées car le tanin du châtaigner est acide. C’est un bois ancien qui avait nécessité 20 ans de séchage. Les autres charpentes du château étaient faites à l’identique. Les ferrures centrales ont été posées au XXe siècle. A l’origine, la charpente a d’abord été construite au sol puis déchevillée et remontée pièce par pièce après avoir été hissée sur la tour.

Voilà, c’est ici que se termine notre visite. J’espère qu’elle vous a plu. La guide a partagé son cœur, plus encore que son savoir et espère que vous emporterez avec vous une part de l’âme de ce merveilleux château de Hautefort.

Ainsi, la porte se referme tout doucement…

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