L’ère Viking

L’ère Viking

La date à laquelle ont fait traditionnellement débuter l’ère viking est celle de 793, l’année où la Chronique anglo-saxonne situe « l’épouvantable destruction » de la communauté monastique de Lindisfarne, en Northumbrie, dans le nord de l’Angleterre.

Toutefois, il est impossible de savoir si cette date correspond réellement au premier raid scandinave sur les côtes britanniques et irlandaises.

Quoi qu’il en soit, cette date présente peu d’intérêt d’un point de vue scandinave : l’ère remonte largement à la préhistoire, et tout juste peut-on affirmer que l’ère viking représente un moment fort pour le développement des terres scandinaves, baignées par la mer du Nord.

Il n’apparait donc pas utile d’utiliser comme paramètres des événements qui se sont déroulés au-delà des mers et sont mentionnés dans des textes documentaires. Il est beaucoup plus intéressant de constater que cette période se caractérise par l’accroissement de la population urbaine, l’extension des voies de commerces maritimes et des transformations significatives sociales, économiques et religieuses.

Selon des recherches récentes, la fin du VIIIe siècle est globalement marquée par d’importantes évolutions dans la culture matérielle et les art, mais le développement du transport maritime, qui est l’une des caractéristiques majeure de l’ère viking, a des origines plus anciennes.

Ainsi, il a été démontré que des individus voyagent déjà entre les marchés de la Norvège arctique et ceux du sud de la Scandinavie dès le premier quart du VIIIe siècle.

Les pillages sont également l’aboutissement de longs voyages d’exploration et correspondent à l’émergence d’un réseau commercial urbain. Il y a beaucoup d’objets volés ou échangés dès le début de l’ère viking.

Les motivations de ses attaques ne sont ni religieuses, ni culturelles, ni idéologiques, mais elles répondent à la nécessité pour les vikings de trouver des matériaux, des esclaves, et des richesses aisément transportables. Il a été suggéré que la fortune amassée à la suite de ces expéditions est finalement d’une importance moindre que les gains potentiels obtenus par les taxes, les hommages et les propriétés foncières chez les vikings ; et il ressort que les risques et les dépenses des raids répondent à d’autres motifs.

Tapisserie de Bayeux – représentation des vikings

De fait, l’attrait pour les nouveaux mondes et la quête d’une réputation font sûrement partie des motivations des raids, et les objets en métal précieux ont un rôle particulier dans la société scandinave.

La Scandinavie du Ve siècle se présente comme une mosaïque de petites sociétés, trouvant leur stabilité dans une combinaison de guerres et de cadeaux.

Dans ce contexte, le succès militaire représente un capital politique essentiel et les objets sont la preuve claires de l’importance grandissante d’une philosophie guerrière.

Au milieu du VIe siècle, probablement à la suite d’une catastrophe climatique atmosphérique, le « brouillard de poussière » , peut-être causé par une éruption volcanique, les structures de la société commencent à vaciller et à s’effondrer, entraînant une vaste désorganisation politique.

Cette reconfiguration de la société est certainement traumatisante, dans la mesure où diverses factions se disputent les pouvoirs localement.

Un peu plus loin, l’Europe continentale prospère, les villes et les comptoirs de commerce se multiplient sur les côtes de la mer du Nord et de la mer Baltique, et l’argent commence à couler à flot en Europe en provenance de l’empire byzantin et du monde arabe.

Dans une société fragile quant aux structures de pouvoir, il est facile d’imaginer comment le succès d’une campagne outre-mer peut rehausser la position d’un chef de tribu. Par ailleurs, les butins servent à sceller des alliances et assurer la loyauté des vassaux.

Dans ce monde viking à la fois dynamique et instable, les mariages politiques prennent une grande importance, et c’est ce qui explique que l’on retrouve des objets en métal provenant de pillages en Angleterre et en Irlande dans les tombes de femmes de l’ouest de la Scandinavie.

Ces premiers raids ne calment guère le désir de richesses, au contraire, et l’ampleur des actions guerrières s’accroit à partir de la première moitié du IXe siècle.

En 865, la Chronique anglo-saxonne atteste la présence d’une grande armée (micel here) en Est-Anglie.

Après une grande campagne militaire dans la péninsule, Alfred le Grand, roi du Wessex, obtient la fin des combats par un compromis. Le nord et l’est de ce qui forme l’Angleterre actuelle passent alors sous domination scandinave et constitueront plus tard le Danelaw (en violet sur la carte).

L’Angleterre vers 886. Le Danelaw est en violet.

Certains membres de la Grande armée sont devenus des grands propriétaires terriens, tandis que des villes comme York se sont transformées en puissances économiques et cosmopolites.

Telle est la toile de fond de l’histoire du Moyen Age viking.

Source : Steve Ashby et Alison Léonard – les vikings en 200 objets – Ouest France Compléments Sandra Di Giusto

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