1er mai 1536 – Tournoi à la cour d’Henri VIII

1er mai 1536 – Tournoi à la cour d’Henri VIII

Le 1er mai 1536 était un jour de joute à la cour d’Angleterre comme tous les 1er mai, traditionnellement. Cela aurait dû être un jour de fête, de joie et de réjouissances au palais de Greenwich, à Londres.

La reine Anne Boleyn profitait de cette journée et regardait les tournois avec son époux le roi Henri VIII. La machine infernale contre elle était lancée et elle ne savait pas que la veille, le 30 avril, Mark Smeaton, un musicien de la cour, avait été interrogé au sujet de relations qu’il entretenait avec elle.

Anne était toutefois consciente qu’un grand malaise s’était installé, le roi et elle ne se parlant plus beaucoup depuis des semaines. Elle avait également eu une conversation dangereuse avec Henri Norris, un de ses amis et ami du roi, évoquant son retard de mariage avec Madge Shelton car il aurait préféré épouser Anne dont il était amoureux. Elle se doutait que ses ennemis pouvaient utiliser cela contre elle.

A la cour, tous les murs ont des oreilles !

Joute – Wikimédia Commons

De plus, Anne était aussi très préoccupée par l’intérêt certain que son mari montrait à l’une de ses dames de compagnie, Jane Seymour. Elle qui avait été une dame d’honneur de la précédente reine, Catherine d’Aragon, ne savait que trop bien que le danger venait de sa propre maison. Elle n’avait toutefois aucune idée de ce qui allait se dérouler sous peu et de sa propre mort, 18 jours plus tard …

Le 1er mai, Henri VIII ne laissa rien transparaître de ce qui se tramait. Dans son ouvrage « La Grande-Bretagne devant d’opinion Française depuis la Guerre de Cent Ans jusqu’à la fin du XVIe siècle« , George Ascoli mentionne un écrit de Lacelot de Carles, secrétaire de l’ambassadeur de France qui précise que les échanges entre Henri VIII et Henri Norris étaient normaux ce jour-là.

Lorsque le cheval de Norris refusa de courir alors qu’une joute s’engageait, Henri VIII lui proposa même son propre cheval. Selon le chroniqueur de l’époque, Charles Wriothesley, George Boleyn était également présent et il orchestrait les tournois.

Tout changea brutalement lorsque le roi se leva et quitta la joute, abandonnant Anne Boleyn et l’assemblée pour se rendre à Westminster.

Henri VIII ordonna que les festivités se poursuivent et que les joutes continuent. Mais l’assemblée comprenait que quelque chose allait mal. L’ambiance était lourde et les spéculations allaient bon train.

Pendant ce temps, Henri VIII ordonna les arrestations d’Henri Norris, de Thomas Wyatt et de William Brereton. Mark Smeaton avait été arrêté la veille pour être interrogé et malheureusement, il avait avoué avoir entretenu des relations charnelles avec la reine. (Ce qui en réalité était certainement faux car la reine n’était jamais seule, mais que ne dirait-on pas sous la torture ?)

Ensuite, tout s’est enchaîné très vite… Henry VIII, amoureux de Jane Seymour et sûr de la trahison d’Anne Boleyn, avait ordonné son arrestation et l’avait faite enfermer à la Tour de Londres où elle fut décapitée le 19 mai suivant, quelques jours après les autres accusés, son frère Georges Boleyn, Mark Smeaton, Henry Norris, Francis Weston et William Brereton… Seul Thomas Wyatt échappa à la condamnation.

Il est aujourd’hui certain que c’est bien un complot qui avait été fomenté contre Anne Boleyn et ces cinq hommes.

Henri VIII savait-il qu’Anne était innocente, ainsi que ces cinq hommes ? Ou bien, Thomas Cromwell, qui était le bras droit d’Henri VIII, avait-il profité d’un accès de paranoïa d’Henri VIII pour faire tomber cette reine ennemie et permettre au roi d’épouser Jane Seymour pour en retirer des avantages personnels ? Nous ne le saurons jamais.

L’histoire est comme un puzzle, il nous manquera toujours des pièces, mais les investigations et les recherches sont passionnantes.

Photo Caro Berger

Voici une courte vidéo sur le sujet :

Merci de votre écoute et de votre lecture.

En ce jour du 1er mai, jour du Muguet et Fête du travail, rappelons un brin d’histoire :

Saviez vous que la tradition d’offrir du Muguet remonte à la Renaissance française ?

« En 1560, le chevalier Louis de Girard a offert un brin de muguet au roi Charles IX, en visite dans la Drôme.

Séduit par l’idée, le souverain a reproduit ce geste l’année suivante à l’égard de chacune des dames de sa cour. Déjà à l’époque, cette plante à clochettes blanches était censée porter chance.

La mode était lancée : elle s’est propagée dans le royaume et jusque dans les pays voisins.

Elle s’est ensuite perdue avant de réapparaître à la Belle Epoque chez les grands couturiers parisiens qui en offraient à leurs clientes le premier jour de mai.

Au début du XXe siècle, le muguet a remplacé l’églantine rouge de la gauche lorsque la Fête du Travail a été associée au 1er mai.

C’est en 1936, avec l’introduction des congés payés, que la vente de muguet dans les rues s’est répandue dans toute la France ».

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