2 mai 1536 – Arrestations d’Anne Boleyn et de son frère George

2 mai 1536 – Arrestations d’Anne Boleyn et de son frère George

Dans le cadre de ma petite série sur la chute d’Anne Boleyn, le 2 mai fut le jour de l’arrestation d’Anne et de son frère George.

La reine Anne Boleyn était au palais de Greenwich où elle avait assisté la veille aux joutes traditionnelles du 1er mai. Alors que tout allait bien, le roi, Henri VIII avait subitement quitté l’assemblée pour se rendre à Westminster.

Le lendemain, le 2 mai, elle assistait à un match de tennis lorsqu’un messager se présenta devant elle et l’informa qu’elle devait se présenter devant le Conseil du roi, dans la chambre du Conseil du palais. Le Conseil était présidé par son oncle maternel, Thomas Howard, troisième Duc de Norfolk. Anne fut alors informée qu’elle était accusée d’adultère avec trois hommes. Le musicien Mark Smeaton, le porte-coton* et bon ami du roi, Henri Norris et un autre homme qui ne fut pas encore nommé par le Conseil. Le Conseil précisa que les deux premiers accusés, Norris et Smeaton, avaient confessé avoir eu des relations charnelles avec elle. Anne Boleyn fut extrêmement choquée et elle réfuta activement ces accusations mais le Conseil ne souhaita pas l’écouter. Elle était une femme (même en étant la reine), elle était accusée et cela leur suffisait. Même son oncle, Thomas Howard était d’une froideur implacable envers elle. Elle ne pouvait compter sur aucune aide. William FitzWilliam, premier Comte de Southampton et proche d’Henri VIII, l’ignora totalement.

Après que le Conseil lui ait expliqué les charges qui pesaient contre elle, Anne fut informée qu’elle serait arrêtée, mais pour l’heure, elle fut autorisée à regagner ses appartements royaux afin de préparer ses affaires pour être envoyée à la Tour de Londres. Il fallait de toutes façons attendre que la Tamise redescende avant qu’elle puisse y être transportée. Lorsque ce fut possible, vers 14 heures, Anne fut amenée par barge à la Tour de Londres.

Selon le témoignage d’Eustache Chapuis, l’ambassadeur Impérial de Charles Quint à la cour d’Angleterre, elle fut accompagnée par son oncle, Thomas Howard, le Chancelier Thomas Audley, John de Vere, Comte d’Oxford et William Sanders, premier Baron Sander. Le chroniqueur Thomas Wriothesley mentionne aussi Thomas Cromwell et William Kingston, le connétable de la Tour de Londres.

La Tour de Londres
Wikimédia Commons

Ils arrivèrent à la Tour vers 17 heures. Anne pénétra dans la Tour par la « Court gate », la porte de la cour et non par la porte des traîtres « Traitors gate ».

Elle tomba à genoux devant les hommes précédemment cités et jura de nouveau de son innocence. Kingston fut amenée dans les appartements royaux de la Tour de Londres et non dans un cachot insalubre. C’était les mêmes appartements qui avaient été rénovés spécialement pour elle, juste avant son couronnement, le 1er juin 1533, juste trois ans auparavant.

Anne qui croyait peut-être être enfermée dans le donjon, remercia le seigneur en disant « C’est trop bon pour moi, Jésus, Jésus, aie pitié de moi ». Puis, selon le témoignage du Constable de la Tour, elle s’est agenouillée, pleurant à chaude larmes et étant totalement désespérée. Puis, selon lui, Anne se mit à rire. Elle eut une crise d’hystérie, ses nerfs lâchant. Anne savait très bien qu’en entrant à la Tour, il y avait peu de chance qu’elle en ressorte vivante. Aussi, elle demanda à Kingston l’autorisation du roi afin qu’elle puisse avoir le Saint Sacrement dans sa chambre. Elle voulait prier pour demander la miséricorde. Elle demanda aussi à Kingston si elle allait mourir sans justice ? Il répondit que le plus petit sujet de sa Majesté avait droit à la justice (mais quelle justice parfois…).

Anne savait qu’il n’y aurait pas de justice pour elle malheureusement et qu’elle ne sortirait pas vivante de cette histoire.

Ce même jour, son frère George Boleyn était également arrêté à Whitehall. Il fut accusé d’avoir commis l’inceste avec sa sœur, la reine Anne et complotant avec elle pour assassiner le roi.

Ce jour-là encore, Henri VIII était allé voir son fils illégitime, Henri Fitzroy, qu’il avait eu avec une maîtresse Elizabeth Blount, Blessie Blount en lui disant, dans un accès de paranoïa certain que lui et sa demi-sœur Marie, fille de Catherine d’Aragon avaient eu de la chance d’échapper à une mort par le poison que leur aurait infligée Anne Boleyn. Aucune preuve dans l’histoire n’existe permettant d’affirmer qu’Anne Boleyn avait l’intention d’empoisonner Henri Fitzroy ou Marie Tudor.

Ce 2 mai, Anne Boleyn allait passer sa première nuit en prison, dans les appartements royaux de la Tour de Londres et l’on imagine qu’elle ne dût pas fermer l’œil de la nuit…

Tour de londres
La Tour de Londres – History Council

Merci de votre lecture.

  • * Le porte-coton – Groom of Stool en anglais – était un assistant du roi qui l’assistait dans ses besoins les plus personnels comme celui de la chaise percée. Il aidait le roi pour sa toilette et son habillement après avoir fait ses besoins. C’était donc une fonction très intime. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette fonction était très prisée car il fallait que la personne soit très intime avec le roi. Les porte-cotons étaient généralement fait chevaliers et ils étaient des fonctionnaires importants.

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