3 mai 1536 – Cranmer écrit à Henri VIII au sujet d’Anne Boleyn

3 mai 1536 – Cranmer écrit à Henri VIII au sujet d’Anne Boleyn

L’archevêque de Canterbury, Thomas Cranmer venait de regagner Londres et son palais de Lambeth rentrant de sa résidence de campagne, lorsqu’il apprit les nouvelles concernant l’arrestation d’Anne Boleyn.

Il fut très choqué et écrivit au roi pour lui faire part de sa stupéfaction en mentionnant qu’il n’avait jamais eu meilleure opinion d’une femme et qu’il espérait qu’elle se déclarerait innocente. Il précise également que, si toutefois il était prouvé que la reine était coupable, elle devrait être punie sans pitié. L’archevêque venait de terminer sa lettre pour le roi quand il reçut un message lui demandant de se rendre à la « Chambre étoilée » – Star Chamber – une Cour de haute justice qui statuait en Angleterre.


Gravure de la Star Chamber, publiée dans « Old and new London » en 1873, tirée d’un dessin réalisé en 1836 – Wikimedia Commons

Elle tirait son nom des étoiles en or qui ornaient la salle où se réunissaient les conseillers du roi. Ce tribunal jugeait certaines affaires sans l’aide d’un jury et le témoignage d’un seul témoin pouvait suffire… Ce fut un instrument terrible sous les règnes d’Henri VIII et d’Elizabeth Ière qui poursuivaient leurs opposants sans aucune possibilité qu’ils en réchappent. Lorsque Cranmer arriva à cette chambre, on lui donna plus d’informations sur ce qui s’était passé et ce qui était reproché à la reine. Après cela, en revenant au palais de Lambeth, Cranmer rajouta un post-scriptum au roi en disant qu’il était réellement désolé si des preuves pouvaient être produites contre la reine. Il reconnut que ce qui lui avait été présenté était convainquant et il ne voulait pas s’opposer à Henri VIII.

Cranmer a-t-il cru que son amie la reine était vraiment coupable ? Nous ne le saurons jamais et l’archevêque de Canterbury avait trop à perdre pour s’opposer au roi et défendre Anne Boleyn. Le pouvoir en place était le roi et tous ceux qui s’opposaient à lui risquaient de le payer de leur vie.

Cranmer – Wikimedia Commons

Edward Benton qui avait servi Anne Boleyn comme vice-chambellan écrivit au trésorier de la maison, William FitzWilliam, déclarant que seul Mark Smeaton, le musicien de la cour, avait confessé sa culpabilité et que les autres hommes se juraient innocents. L’enquête n’avançait donc pas comme le souhaitait Cromwell, ni le roi. De plus, Mark Smeaton avait avoué sous la torture. Que ne dirait-on pas en cas de grande souffrance ?

Le 3 mai, le constable de la Tour de Londres, William Kingston écrivit également son premier rapport à Thomas Cromwell, le premier ministre d’Henri VIII. Des dames de la cour avaient été choisies avec attention pour servir Anne au cours de sa détention. Il s’agissait de femmes qui n’étaient pas proches d’Anne ou qui ne l’appréciaient pas vraiment. Elles avaient pour mission de rapporter chaque faits et gestes de la reine. La femme de William Kingston, Lady Kingston était l’une d’entre elles. Elle rapportait tout à son mari et celui-ci rapportait tout à Cromwell. C’est alors qu’apparut la première mention d’un homme accusé, Sir Francis Weston.

Francis Weston – Alchetron

Il était un favori du roi et avait été fait chevalier de l’ordre du Bain, un ordre de chevalerie prestigieux en Angleterre, lors du couronnement d’Anne Boleyn, le 1er juin 1533. Quand Anne parla à une de ces dames de Francis Weston, elle rappela qu’elle l’avait réprimandé d’avoir embrassé sa cousine, Madge Shelton, qui était la fiancée d’Henri Norris, un favori du roi et que Weston avait répondu que Norris n’était pas venu pour Madge, mais seulement pour Anne. Sous-entendant que Norris était bien amoureux d’elle. Mais que n’avait-elle pas dit là ? Cela contribua à apporter une preuve potentielle que Norris et la reine pouvaient avoir entretenu une relation. Kingston rapporta cela à Cromwell et Weston fut arrêté le jour suivant.

Anne était très mal et elle essayait de comprendre pourquoi elle était enfermée dans la Tour.

Qu’avait-elle fait pour mériter ce sort ? Que lui reprochait-on exactement ?

Il était encore tôt pour elle dans le déroulement de l’histoire et si hors des murs de la Tour de Londres, les spéculations allaient bon train, il n’en était pas de même dans les appartements royaux d’Anne qui n’était pas encore au courant de tout ce qu’on lui reprochait…

Voici une courte vidéo sur le sujet :

Merci de votre lecture et de votre écoute.


Copie de la fin du XVIe siècle d’un original perdu et qui datait de 1533-1536Wikimedia Commons

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

RSS
LinkedIn
Share